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On pourrait l’appeler Monsieur propre. Chaque année, Didier Migaud, le président de la Cour des comptes, remet son rapport annuel pour critiquer les dépenses de l’Etat : pas assez d’économies, des services publics manquant d’efficacité, des fonctionnaires trop payés en Outre-mer. Tout y passe. Didier Migaud est devenu le gardien des dépenses publiques. Mais M. propre n’a pas toujours été exemplaire…

L’as du cumul des mandats avant d’entrer à la Cour des comptes

Avant de devenir président de la Cour des comptes, Didier Migaud était… un as du cumul. Dans un article publié il y a quelques mois, le magazine Capital rappelait que Migaud pouvait aligner jusqu’à trois mandats et une fonction en même temps : « Conseiller général, maire de Seyssins (Isère), président de l’agglomération de Grenoble, député et rapporteur du budget à l’Assemblée nationale… entre 1995 et 2002, Migaud a fait l’homme-orchestre, jonglant avec les dossiers locaux et les questions de finances publiques ». D’après Capital, ses adversaires assurent qu’il était bien présent à tous ces postes. Pour justifier ces cumuls, Migaud expliquait qu’il n’avait besoin que de quatre heures de sommeil. Un surhomme qui occupait plusieurs équivalents temps plein donc…

Migaud, critiqué par… la chambre régionale des comptes

Plus drôle encore : celui qui aujourd’hui critique les élus… avait lui-même fait l’objet de critiques de la part de la chambre régionale des comptes. C’était en 2010, au moment même où il devenait président de la Cour des comptes. Dans son rapport, la chambre régionale de Rhône-Alpes pointait notamment le trop grand endettement de l’agglomération de Grenoble… présidé par Migaud. « L’encours de la dette a cru de 54,5%, passant de 218 354 776 euros au 31 décembre 2004 à 337 513 615 euros au 31 décembre 2007, ce qui place la Métro, en terme d’encours de la dette par habitant par rapport aux recettes réelles de fonctionnement, dans une situation particulièrement défavorable, comparée aux autres communautés d’agglomération de même taille », dénonçait le rapport. Plus gênant : pour faire face à cet endettement, l’agglo a eu recours à des produits toxiques (représentant près de 26% de la dette à l’époque).

Et comment expliquer le dérapage des comptes ? Le rapport souligne qu’une partie de cet endettement est notamment liée à la construction du grand stade de Grenoble, dont le coût a dérapé en passant de 32 à 90 millions d’euros. Un bel exemple de bonne gestion, non ?

4 Commentaires

  1. Les cordonniers sont les plus mal chaussés. Après, comparé a la classe politique moyenne, il reste assez soft, ce qui est un facteur de tristesse supplémentaire.

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