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Lorsque l’on regarde les événements avec un peu de détachement, d’objectivité et de recul, un tableau d’ensemble assez saisissant pour ne pas dire effrayant se dégage.

 

Il y a une véritable guerre qui se joue dans l’acquisition de biens ou de services qui sont indispensables et parmi eux se trouve évidemment l’immobilier car se loger est un besoin évident, un besoin primaire. Alors la crise immobilière, sachez-le, n’est pas une crise pour tout le monde, je dirais même qu’elle est au cœur de jeux de pouvoirs sans précédent, en particulier en Europe.

 


Le procédé utilisé


Il ne faut pas prendre les informations comme une suite ininterrompue ou un flot continue. Il faut stocker et analyser ces informations et pour cela il faut du temps, du recul pour que se dégage une photo d’ensemble cohérente et elle l’est cohérente cette photo d’ensemble.

Dans tous les pays qui connaissent des difficultés, l’objectif de l’ex-grand ennemi de notre mamamouchi c’est de saisir les biens immobiliers.

 

Étape 1 : avec des taux très bas, on finance en prêtant au pékin moyen des sommes folles pour construire des logements. Les prix montent.

Étape 2 : les gens ne peuvent plus suivre. L’immobilier est devenu trop cher. Les taux d’intérêt sont augmentés (si, si, c’est la FED, la Banque centrale US, qui monte les taux pour faire exploser l’immobilier aux USA volontairement, ce sont les faits, reprenez n’importe quel graphique d’évolution des taux depuis 2005… édifiant). Les gens deviennent insolvables, ils sont obligés de revendre leur biens bien chèrement acquis à des prix dérisoires… mais tous ces biens ou presque sont rachetés par la « finance » qui va les transformer en produit de rapport et vous abonner à vie à un « loyer ».

Ce phénomène est à l’œuvre partout dans les pays occidentaux, des USA bien évidemment à l’Europe avec le cas irlandais, le cas grec, chypriote ou italien. Pour le moment, quelques pays résistent encore et pas des moindres comme l’Italie, la France ou l’Allemagne, mais pour combien de temps encore.

 


Le « modèle » anglais


L’idée de fond, c’est le modèle de possession immobilière anglais. Au royaume de sa très vieille majesté et en particulier à Londres, il est devenu presque impossible au commun des mortels et même celui qui gagne bien sa vie de devenir propriétaire. Tout l’immobilier est détenu uniquement par quelques grandes familles de lords sans que le petit peuple n’y trouve rien à redire. C’est un modèle extraordinaire pour la caste dirigeante, celle qui se cache derrière la « finance » (la devenue copine de notre misérable et pathétique mamamouchi 1er).

 

C’est ce modèle-là que la finance souhaite partout dans le monde développer, amplifier, structurer et organiser et pour cela une bonne crise immobilière est la meilleure des solutions et notre pays n’y coupera pas.
Charles SANNAT

Pour plus de détails et des exemples contemporains illustrant ces méthodes : Le Contrarien

8 Commentaires

  1. Le type qui découvre la bulle immobilière et qui en fait un grand complot…

    « la « finance » qui va les transformer en produit de rapport et vous abonner à vie à un « loyer » »
    Bah ouais copain, faut payer pour se loger. Comme on paye pour se nourrir ou s’habiller…
    Et le mythe du « quand on est propriétaire, on ne paye plus rien alors que les loyers c’est de l’argent jeté par les fenêtres ».
    Alors déjà il y a des calculs à faire pour savoir s’il est plus intéressant de louer ou d’acheter son logement.
    Par exemple si on déménage fréquemment (tous les 5-6 ans), il est en général plus intéressant de louer. (les frais de notaire par exemple ne sont pas payés par un locataire)

    Et aussi à prendre en compte, la taxe foncière. Qu’on doit payer quand on est proprio et pas quand on est locataire.

    On pourra se référer aussi à des études qui montrent qu’en France depuis 2000, le prix des loyers a augmenté normalement (en moyenne) alors que le prix des biens immobiliers a explosé.

    Bulle immobilière qui est entrain de se dégonfler.

    • Bonjour bobob,

      Je pense que vous n’avez pas cerné les différences qui existent entre les modèles immobiliers anglo-saxons et européens, voire orientaux. La mentalité bien différente de nos peuples respectifs illustre bien ces propos.

      Pour résumer, la propriété est vu comme un signe de réussite majeur, si ce n’est indispensable, aux Etats-Unis. De nombreux politiques se sont d’ailleurs exprimés dans ce sens dans les années 90 et 2000, comme en attestent les discours des Messieurs Clinton et Bush Jr.

      Le principe n’est pas ici de mettre en avant la « potentielle arnaque » que serait le principe de la location, qui est même je vous le confie selon moi une nécessité absolue, mais de mettre en avant les chiffres dramatiques du nombre de saisies immobilières et leur causalité avec les taux décidés par les banques centrales.

      Si l’on observe l’histoire de l’immobilier londonien des années 70/80 jusqu’aux années 2000, on constate une corrélation effrayante avec les décisions politiques et financières pratiquées sur le sol américain depuis 20 ans.

      M.Sannat y voit ici une stratégie oligarque coordonnée et réfléchie. Son avis ayant le mérite de présenter une théorie plausible expliquant les faits concrets que nous constatons tous deux, il me semble qu’il était intéressant de le partager.

      Quant à la légère mais réelle bulle immobilière française, travaillant moi même dans le bâtiment, je précise que la non augmentation du prix des loyers est due à la construction de logements à buts uniquement locatifs, qui peuvent ainsi compenser la demande, à l’inverse des maisons plein-pied et appartements qui eux impliquent un apport soutenu et important.

      La raréfaction des terrains, les politiques urbaines, et la baisse de l’épargne disponible entraînent ainsi l’inflation des prix dont vous parliez précédemment.

      J’espère avoir été clair.

      Bonne journée,

      Lilian.

      • Très clair. Merci.

        La corrélation est évidente je pense vu que c’est (en principe) une des missions des banques centrales de limiter l’emballement des prix de certains actifs (bulles).
        Et les délires financiers anglo-saxons font le reste. Endetter des ménages non solvables à taux variables et saisir les biens dès que les pépins arrivent.

        En France par contre, c’est bien plus contrôlé et les taux fixes sont la norme. Mais ça n’a pas empêché une bulle de se former pendant les années 2000 (x3 pour les prix environ).
        Due vous avez raison en partie à des politiques du logement débiles mais aussi à l’euro et au fait qu’une seule politique monétaire ne peut convenir à 18 pays.
        Et donc ou ça convient à personne ou au plus fort.
        Résultat : bulle gigantesque en Espagne, baisse des prix en Allemagne. =>Compétitivité allemande renforcée.

        Bonne journée aussi.

    • Je pense que à long terme, acheter une maison est beaucoup plus abordable que louer , même si on se déménage souvent. Rien de telle que de se sentir chez soi , dans sa propre maison.

  2. Il y a quelque chose que je ne comprends pas dans le raisonnement que vous avez copier du site du du contrarien. Si vous le copiez j’imagine que vous l’avez compris et que par conséquent vous saurez me l’expliquer:

    Je ne vois pas, contrairement à de l’hyperdéflation par exemple, comment ce mécanisme qu’est celui des rehaussement des taux (justifié puisque si la bce ré-augmente effectivement nos taux dans quelques années, mécaniquement le prix du crédit augmente et celui de l’immobilier en tant que tel diminue) peut avoir une incidence sur la partie de la population déjà endetté et à crédit immobilier…

    Leurs contrats sont signé, les taux sont figés, les mensualités programmées…

    • Oui, les taux sont figés si et seulement si ils sont fixe.

      Exemple en France : pret immo de 200K€. Vous avez le choix entre un taux fixe ou un taux variable. Dans les 2 cas votre remboursement se composera d’une part d’interêt d’emprunt et de l’autre une part de capital. Par consequent à la fin de votre prêt vous avez payé à la fois des interêts et le capital emprunté.

      Dans le modele anglo saxon c’est totalement different. Vos remboursements ne sont composés que d’interêts d’emprunt et jamais de remboursement de capital. L avantage est que du coup vous pouvez emprunter plus, l’inconvenient est qu’il faut esperer le jour ou vous revendez que la valeur de votre bien immo est augmenté afin de rembourser le capital. Imaginé de fait si les taux ne sont pas fixe mais variable et qu’effectivement les taux augmentent alors votre mensualité augmentera et selon l’augmentation vous n’êtes plus en mesure de rembourser votre prêt. Resultat vous devez vendre. Biensûr vous ne serez plus le seul à mettre votre bien en vente puisque les autres emprunteurs auront le même pb. Par consequent l’offre immobiliere est plus importante que la demande et vous êtes obligé de baisser le prix de vente… Spirale negative deflationiste et biensur si vous ne pouvez plus remboursé votre prêt alors votre bien sera saisi…
      Le pb est donc transfere aux banques qui titrisent ces biens en placement toxique et vous vous retrouvez dans la crise des subprimes…

      Mes explications sont breves et necessiteraient des infos supp mais le principal est là

    • Bonjour Ibiscus,

      Mars a soulevé l’essentiel de la réponse, et vous trouverez de légers compléments dans mon intervention au dessus.

      J’apporte cependant quelques précisions personnelles :

      1/ Les pays anglo-saxons disposent de systèmes incitatifs importants dont les fameuses ex-garanties de Fannie Mae et Freddie Mac, les réductions d’impôt associées aux versements des intérêts d’emprunts. Ce qui amène naturellement en cas des taux bas à voir arriver sur le marché de l’immobilier des emprunteurs peu solvables financer des projets immobiliers.

      Or, le système juridique états-unien par exemple signifie bien qu’en cas d’impayé (ce qui arrive régulièrement en cas de crise pour les ménages des classes moyennes) la banque peut jouir des biens financés jusqu’alors par l’acheteur pour renflouer ses comptes.

      2/ Si les taux sont variables, ce qui est souvent le cas comme l’a spécifié Mars, alors lorsque les banques et politiques font la promotion de grands plans immobiliers en 2004/2005 avec un taux directeur de la FED à 1%, qui se retrouve à 5.25% moins 3 ans plus tard, il est évident que les emprunts contractés sur les projets nouvellement achevés deviennent impossibles à rembourser pour la majorité des acheteurs.

      3/ Si les taux sont fixes, la contraction monétaire et la baisse de l’activité amènent la plupart des emprunteurs à rencontrer des difficultés de remboursement de toute manière.

      J’espère vous avoir, un peu, aidé.

      Lilian

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