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C’est le genre de livre noir qui, sur le coup, ne passionne pas les foules. Mais qui est croustillant aujourd’hui…

« Lemonde.fr » (16/4) a feuilleté les 166 pages de « La France en libertés surveillées, la République en danger », un bouquin édité par le PS en 2009, et toujours en ligne sur le site du parti. Dans un long cri, le PS y dénonçait le sarkozysme et « l’instauration d’une société de surveillance » : L’ors de l’examen des nombreux projets de lois antiterroristes déposés depuis les attentats du 11 septembre 2001, Nicolas Sarkozy s’est chaque fois appuyé sur la peur du terrorisme ressentie par la population pour s’affranchir des réserves posées par le Cnil. » Mot pour mot ce que fait le même Parti socialiste, six ans plus tard, en version mahousse…

Sa loi Renseignement fait bondir la même Commission nationale de l’informatique et des libertés : « Nous allons légaliser un dispositif et des pratiques qui sont en dehors du droit » et qui vont créer « une société de surveillance », vient de flinguer la présidente de la Cnil (« Le Figaro », 16/4). En 2009, encore, le Parti socialiste dénonçait la multiplication des « dispositifs de surveillance et de contrôle » avec les fichiers de la police comme « Edvige ». Une gentille blague comparée à la « surveillance de masse », selon les termes de la Cnil, autorisée par sa loi antiterroriste.

En 2009, enfin, le PS réclamait « une large réflexion démocratique sur l’ensemble des questions relatives à la protection des données personnelles et au respect des libertés individuelles ». En 2015, voilà que sa loi Renseignement est examinée à l’Assemblée en urgence, avec un minimum de débats.

Surveiller le passé des partis,c’est instructif, finalement…