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Barack Obama

Une question : savez-vous comment sont recensés les chômeurs américains ? Parce que là-bas, pas de Pôle emploi, pas d’inscriptions sur des listes, pas de pointages. Non, aux Etats-Unis, les chômeurs (et ce qui reste de salariés) sont recensés par sondage.

Chaque mois, le très officiel Census Bureau procède à 60 000 appels téléphoniques. Pour être pris en compte, le nombre de réponses crédibles doit être au moins égal à 90 % du total. Exit les zigotos qui raccrochent précipitamment en disant qu’ils sont aux toilettes ou que leur cuisine est déjà suffisamment équipée.

Eh oui, une simple enquête par téléphone ! Mais attention, vu l’importance de l’échantillon retenu, un sondage considéré comme « scientifique ».

Et alors, direz-vous, quid si par accident le Census Bureau recense moins de 90 % de réponses acceptables ? Il ne publie pas de stats ? Si, si, vient de révéler l’honorable New York Post, il bricole. Laisse les agents compléter eux-mêmes des fiches d’entretiens inaboutis. Scientifiquement.

Des instructions venues d’en haut

Le lecteur soupçonneux aura vite compris les possibilités de manipulation offertes par ce zinzin impossible. Eh bien, la réalité lui donne raison. Les chiffres de 2012, par exemple – oui, oui, ceux qui précèdent la réélection de Mr Obama – étaient bel et bien trafiqués.

Selon le New York Post, un des agents les plus zélés du Census Bureau, Julius Buckmon, s’est fait pincé et a vendu la mèche. Rappelez-vous, cette sidérante baisse du taux de chômage US en septembre 2012, passant aussi sec de 8,1 à 7,8 % sans aucune raison économique. Julius Buckmon était à la baguette magique et le Census Bureau le savait déjà.

Mais, hého, se défend l’indélicat, j’étais pas tout seul ! D’ailleurs, insinue une autre source sous couvert d’anonymat (mais prête à en discuter avec le ministère du Travail et le Congrès si demandé), on avait des instructions venues d’en haut. (Aux dernière nouvelles, ni le Ministère du Travail, ni le Congrès ne se sont manifestés.)

Eh oui, les stats US, c’est comme le vent et les promesses des candidats politiques. Vous remarquerez aussi que les chiffres du chômage américain se sont encore améliorés (7,3 %) depuis septembre 2012, en dépit de la situation économique et sociale catastrophique constatée sur le terrain.

Pas grave, par temps hostile, le rêve américain impose de ne pas trop se réveiller.

Source : Rue89 ; New York Post

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